jeudi 19 mars 2015

Dans le bleu de tes yeux je te dirai


J’ai un arbre pour cœur. À chaque fois pousse une branche. Chaque personne y est relié, tantôt feuille, tantôt fruit. Il a l’amour pour sève. Dans l’arbre de ma vie certaines branches sont cassées, abimées par les vents de la folie humaine, par les choix de ceux qui n’ont pas compris, pas voulu, par mes erreurs, mes manquements. 

Ma vie s’est arrêtée alors. J’ai pensé l’arbre mort, tombé pour de bon, tué, arraché.

Puis ta chaleur, l’éclat de ton rire, la magie de ton être, l’eau de mes larmes versées. Et sans que je comprenne l’arbre a frémi, s’est éveillé. Il touche le ciel et les étoiles, il embrasse l’univers. 

Une branche précieuse a poussé, souple et fragile, incroyablement belle !

mercredi 18 mars 2015

Un paradoxe m’assaille. Vivre dans le lâcher prise c’est accepter que l’on ne possède pas, impermanence, que la véritable illusion est celle de la saisie rassurante. Mais cette sécurité a un prix énorme : elle est associée à la souffrance car elle est vaine et n’existe pas. Alors comme remède ouvrir la main et faire confiance à la vie, à mon karma. Devenir conscient d’être balayé par les vents, de ne rien maitriser. Et pourtant être heureux de la perfection de ce qui arrive. 
Mais que faire de ça qui déborde, de cette énergie et de ce sentiment pour toi. Je te l’offre sans chercher un retour, conscient qu’il m’appartient et n’implique que moi. J'offre au monde ce que j’ai en moi, cette immensité. Et toi que j’aime, toi qui concentre ce qui m’attire dans l’être humain, je te souhaite cette liberté absolue dont je suis incapable. Je te porterai tant que je pourrai jusqu’à ton envol. Je ne crisperai pas mes doigts mais t’encouragerai à trouver ta vraie nature. Je serai là si tu tombes ; invisible quand tu le voudras. Et jamais tu ne me devras rien, jamais je n’attendrai de toi. Ma compassion ne sera pas jugement mais preuve d’amour. Je donnerai tout ce que je suis au risque que tu te lasses de ma présence. Et je sais qu’en fin je te perdrai car tout finit, mais je serai heureux du chemin partagé. Puisses-tu alors garder en toi cet amour infini.

mardi 17 mars 2015

Premier contact


Je ne laisse personne me toucher. Je déteste ces intrusions dans mon monde, cette violence de l’inattention du métro qui vous bouscule jusque dans votre humeur. 
Pourtant, assis dans cette assemblée, les corps se frôlent. Le sien effleure le mien. Je suis surpris de mon instinct qui ne se rebelle pas, de ma peau qui accepte cette inconsciente caresse, de ne pas réagir bien que mon espace vital soit envahi. 
Je comprends alors que nos vibrations résonnent. Les battements de cœur, les respirations, la chaleur de nos peaux. Je sens son odeur, j’entends sa vie. Je vois cette petite veine bleue qui palpite le long de son cou. Comme j’aimerais… 
Je réalise brutalement la vérité. Outre l’esprit qui m’a séduit lors de notre rencontre, c’est son corps maintenant qui a dompté le mien. 
Tout à ma confusion je perçois son regard bleu plantés dans mes yeux. Elle parle et je n’entends que son cœur. Ses lèvres remuent et je plonge dans mon rêve. Je me sens rougir. 
Et raison triomphante qui me dit ma folie, que l’amour ne se peut, et que je suis maudit. Alors je tue l’élan de mon corps de mon âme. Mes lèvres ne se poseront pas sur cette bouche désirée, dans ce coup si fragile point de baisers volés. Mes mains ne caresseront pas ce corps pour moi parfait. Nous ne danserons pas l’union de nos êtres.
Seul un véritable baiser pourrait rompre le sort...
Envie de la simplicité du partage, de l’harmonie des corps et de l’esprit, de cette communion d’être deux.
Une fulgurance.
Ça nait, là en mon ventre en mon cœur déjà soumis.
C’est chaud et doux. C’est magique, foudroyant, absolu.
Tentation aussi. Se laisser vivre !
Vient alors la lutte et la peur raisonnante.
Un parfum et la volonté vacille.
Instant parfait.
Je suis plein de non-dit, de non-fait. De ce que je cache.
Carapace.
Le temps s'est arrêté.

vendredi 2 mai 2014

Illusion

L'impossible, l'interdit
Mon cerveau dit non mais de toute mon âme
Un hurlement pointu à faire fondre les yeux
Dans mon ventre dans mon cœur
Et ces pensées coupables trop vite combattues
J'arracherai ma peau jusqu'à trouver l'organe
Je le piétinerai en une vaine danse
Chacun de mes actes révélant souvenir
D'un avenir pourtant mort avant d'être né
Alors je deviens fou pour le temps à venir
Libre de réalité de l'impossible
Le rêve s'élève et la drogue s’insinue
Dans mon esprit vaincu et à jamais soumis
Le cri devient chanson et la danse une étreinte
Les sentiments sont purs
Le monde est blanc d'aveuglante lumière
Mais déjà se libèrent les peurs
Les pensées s’envolent comme de sombres présages
Brisant tout en mille éclats blessants
Et je rentre agonisant dans la réalité
De ce monde où je n'ai pas de place
De ce manque de toi
D'amours orphelines

mardi 21 mai 2013

Attraction




Le soleil est gris. Depuis si longtemps il pleure. L’eau se répand et les fleuves gonflent. Là-bas le vent hurle la mort.




Au milieu de cette vie une flamme danse. Elle brule je le sais. Elle m’a déjà marqué de son sceau avant de disparaître. 




Arrogant, j’avais tenté de l’attraper. On n’attrape pas la liberté, je me souviens.




Elle danse,  je m’approche.  




J’ai compris depuis bien longtemps que posséder c’est éteindre, étreindre. 




Alors je marche non loin de ses arabesques. 




Je comprends que la flamme à peur de s’étouffer. Elle vacille entre deux mondes. Cherche sa place dans ces territoires obscurs sans comprendre que c’est elle, la flamme, la lumière.




Je souffle mes mots pour l’attiser. Elle m’attire. 




Je suis un papillon.




Je m’accorde de me bruler un peu.




Le vent m’emporte à temps.