mardi 24 mars 2015
Archétype
Idéalement
nous devrions tendre vers notre propre archétype. Malheureusement nous cherchons
à correspondre à celui que nous imaginons chez cet autre qui nous perçoit
partiellement et sur lequel nous nous projetons ou nous projetons nos désirs. Nous
construisons alors des carapaces faussement archétypales auxquelles nous nous
identifions tant que dure le besoin. Puis vient la souffrance. Alors au lieu de
revenir à notre état primordial, nous collectionnons les carapaces, nous en
créons une autre pour nous défendre. Ainsi, en fonction des situations on se
conduit tel le super-héros imaginaire qui revêt son costume pour devenir enfin
lui-même. Cette supercherie nous empêche d’être libre, soumis que nous sommes
aux circonstances extérieures. Nous n’existons pas tel que nous pensons être.
Nous sommes réduits à l’état d’esclaves polymorphes.
lundi 23 mars 2015
Tout est noir, il fait peur. Au centre de ce vide dont je
devine la solidité des murs, flotte une table sur laquelle je vois disposé l’échiquier
de mon intellect. Face à moi, attablé prêt à jouer, le diable mon égo. Je suis en plein cliché. Il faut croire que l’inconscient ne s’embarrasse pas de ce
genre de considérations. Mon diable porte barbe rousse et costume anthracite bien
taillé assorti aux quelques démons pensées qui volent autour de moi.
Je lui fais face. Surtout ne pas se faire piéger. Vigilance.
Il me propose pouvoir et tout ce que je désire. La peur ne me quitte pas ;
envie que ça s’arrête. Doute. Et si j’acceptais, je serais peut être libre !
Mais non. Ce n’est pas moi, je ne suis pas toi. Les mots sont sortis. Cette illusion
n’est plus.
jeudi 19 mars 2015
Dans le bleu de tes yeux je te dirai
J’ai un arbre pour cœur. À chaque fois pousse une branche. Chaque personne y est relié, tantôt feuille, tantôt fruit. Il a l’amour pour sève. Dans l’arbre de ma vie certaines branches sont cassées, abimées par les vents de la folie humaine, par les choix de ceux qui n’ont pas compris, pas voulu, par mes erreurs, mes manquements.
Ma vie s’est arrêtée alors. J’ai pensé l’arbre mort, tombé pour de bon, tué, arraché.
Puis ta chaleur, l’éclat de ton rire, la magie de ton être, l’eau de mes larmes versées. Et sans que je comprenne l’arbre a frémi, s’est éveillé. Il touche le ciel et les étoiles, il embrasse l’univers.
Une branche précieuse a poussé, souple et fragile, incroyablement belle !
mercredi 18 mars 2015
Un paradoxe m’assaille. Vivre dans le lâcher prise c’est accepter que l’on ne possède pas, impermanence, que la véritable illusion est celle de la saisie rassurante. Mais cette sécurité a un prix énorme : elle est associée à la souffrance car elle est vaine et n’existe pas. Alors comme remède ouvrir la main et faire confiance à la vie, à mon karma. Devenir conscient d’être balayé par les vents, de ne rien maitriser. Et pourtant être heureux de la perfection de ce qui arrive.
Mais que faire de ça qui déborde, de cette énergie et de ce sentiment pour toi. Je te l’offre sans chercher un retour, conscient qu’il m’appartient et n’implique que moi. J'offre au monde ce que j’ai en moi, cette immensité. Et toi que j’aime, toi qui concentre ce qui m’attire dans l’être humain, je te souhaite cette liberté absolue dont je suis incapable. Je te porterai tant que je pourrai jusqu’à ton envol. Je ne crisperai pas mes doigts mais t’encouragerai à trouver ta vraie nature. Je serai là si tu tombes ; invisible quand tu le voudras. Et jamais tu ne me devras rien, jamais je n’attendrai de toi. Ma compassion ne sera pas jugement mais preuve d’amour. Je donnerai tout ce que je suis au risque que tu te lasses de ma présence. Et je sais qu’en fin je te perdrai car tout finit, mais je serai heureux du chemin partagé. Puisses-tu alors garder en toi cet amour infini.
Mais que faire de ça qui déborde, de cette énergie et de ce sentiment pour toi. Je te l’offre sans chercher un retour, conscient qu’il m’appartient et n’implique que moi. J'offre au monde ce que j’ai en moi, cette immensité. Et toi que j’aime, toi qui concentre ce qui m’attire dans l’être humain, je te souhaite cette liberté absolue dont je suis incapable. Je te porterai tant que je pourrai jusqu’à ton envol. Je ne crisperai pas mes doigts mais t’encouragerai à trouver ta vraie nature. Je serai là si tu tombes ; invisible quand tu le voudras. Et jamais tu ne me devras rien, jamais je n’attendrai de toi. Ma compassion ne sera pas jugement mais preuve d’amour. Je donnerai tout ce que je suis au risque que tu te lasses de ma présence. Et je sais qu’en fin je te perdrai car tout finit, mais je serai heureux du chemin partagé. Puisses-tu alors garder en toi cet amour infini.
mardi 17 mars 2015
Premier contact
Je ne laisse personne me toucher. Je déteste ces intrusions dans mon monde, cette violence de l’inattention du métro qui vous bouscule jusque dans votre humeur.
Pourtant, assis dans cette assemblée, les corps se frôlent. Le sien effleure le mien. Je suis surpris de mon instinct qui ne se rebelle pas, de ma peau qui accepte cette inconsciente caresse, de ne pas réagir bien que mon espace vital soit envahi.
Je comprends alors que nos vibrations résonnent. Les battements de cœur, les respirations, la chaleur de nos peaux. Je sens son odeur, j’entends sa vie. Je vois cette petite veine bleue qui palpite le long de son cou. Comme j’aimerais…
Je réalise brutalement la vérité. Outre l’esprit qui m’a séduit lors de notre rencontre, c’est son corps maintenant qui a dompté le mien.
Tout à ma confusion je perçois son regard bleu plantés dans mes yeux. Elle parle et je n’entends que son cœur. Ses lèvres remuent et je plonge dans mon rêve. Je me sens rougir.
Et raison triomphante qui me dit ma folie, que l’amour ne se peut, et que je suis maudit. Alors je tue l’élan de mon corps de mon âme. Mes lèvres ne se poseront pas sur cette bouche désirée, dans ce coup si fragile point de baisers volés. Mes mains ne caresseront pas ce corps pour moi parfait. Nous ne danserons pas l’union de nos êtres.
Seul un véritable baiser pourrait rompre le sort...
Une fulgurance.
Ça nait, là en mon ventre en mon cœur déjà soumis.
C’est chaud et doux. C’est magique, foudroyant, absolu.
Tentation aussi. Se laisser vivre !
Vient alors la lutte et la peur raisonnante.
Un parfum et la volonté vacille.
Instant parfait.
Je suis plein de non-dit, de non-fait. De ce que je cache.
Carapace.
Le temps s'est arrêté.
Ça nait, là en mon ventre en mon cœur déjà soumis.
C’est chaud et doux. C’est magique, foudroyant, absolu.
Tentation aussi. Se laisser vivre !
Vient alors la lutte et la peur raisonnante.
Un parfum et la volonté vacille.
Instant parfait.
Je suis plein de non-dit, de non-fait. De ce que je cache.
Carapace.
Le temps s'est arrêté.
Inscription à :
Articles (Atom)